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Cet article a pour objectif de vous présenter ce que sont les systèmes publicitaires dits "Pay Per Click", et de montrer comment ces systèmes sont détournés (via des SPAM, du "typosquatting", ou même des logiciels "adware") de façon à générer des gains financiers pour des personnes peu scrupuleuses. Le "Pay Per Click" (PPC) est un modèle de rémunération publicitaire. Si vous êtes propriétaire d'un site web, et que vous acceptez d'insérer des bandeaux publicitaires dans votre site, vous recevrez alors une rémunération (par exemple 0,01 $) à chaque fois qu'un internaute visitant votre site cliquera sur une de ces publicités (ce qui l'enverra sur le site de l'annonceur publicitaire). Les systèmes "PPC" les plus connus sont Google "AdSense", Yahoo! "Search Marketing" et MSN "adCenter" (service Microsoft actuellement expérimental). Ces derniers jouent le rôle d'agence de publicité : ils cherchent d'une part des annonceurs voulant leur confier des campagnes de publicité, et d'autre part des partenaires (on parle ici "d'affiliates") acceptant d'héberger des pages publicitaires sur leurs sites web. Ils font ensuite payer l'annonceur, et rétribuent les "affiliates". Le système "PPC" génère depuis longtemps de nombreuses tentatives de fraudes. Il y a actuellement une recrudescence des fraudes dues à des "affiliates" peu scrupuleux, qui utilisent des techniques de plus en plus sophistiquées pour générer des "clics" frauduleux leur générant des profits non "mérités". Nous présentons ci-dessous en détail deux techniques de fraude particulières :
Nous présenterons ensuite plus sommairement deux autres techniques de fraude : le "pharming" DNS et le détournement "d'adwares". Le SPAM "PPC" Depuis quelque temps, nous recevons de plus en plus souvent au Cert-IST des e-mails de SPAM tels que celui-ci (traduit ici en français) : "Bonjour, Evidemment, l'annonce paraît un peu trop alléchante. Mais comme nous y décelons un fond de sincérité (à propos de notre travail, bien sûr :-) ), nous avons cédé plusieurs fois à la tentation et visité le site mentionné. A chaque fois, nous sommes tombés sur une page de publicité sans intérêt (du type "Voulez vous connaître le secret pour gagner de l'argent sans effort !"), n'ayant rien à voir avec l'annonce faite dans l‘e-mail. Si on examine de plus près ce qui se passe lorsque l'on se rend sur le site publicitaire, on se rend compte que toute une série d'actions sont successivement déclenchées :
Une recherche triviale permet de constater que le site
"tracking101.com" appartient à l'organisation
"CPAempire.com" qui est spécialisée dans le "performance-based
online direct marketing", c'est-à-dire le modèle publicitaire
"PPC".
Voici donc un SPAM plutôt inoffensif (l'internaute curieux n'a pas été mis en danger et a probablement déjà oublié sa déception), mais assurement lucratif.
Le
typo-squatting "PCC" Par exemple, "Strider Typo-Patrol" a découvert
qu'il existait actuellement 18 noms de domaines qui imitaient le nom
"microsoft.com". Parmi ces noms, on trouve par exemple :
"mivrosoft.com", "mkicrosoft.com", microksoft.com",
etc… On le voit, tous ces noms imitent le nom légitime et y insèrent une faute
de frappe. Cette technique est appelée le "typo-squatting".
L'objectif est d'attraper les internautes qui font une faute de frappe lorsqu'ils
tapent dans leurs navigateurs une URL "microsoft.com". L'idée émise par l'équipe de recherche de Microsoft (au moment de la conception du système "Strider Typo-Patrol") était que le "typo-squatting" était utilisé pour rediriger les internautes maladroits vers des sites hébergeant des programmes nocifs. En fait, les premiers résultats obtenus par Microsoft montrent qu'une grande partie des sites de "typo-squatting" sont utilisés pour réaliser des fraudes "PPC". Dans les cas étudiés, le système PPC incriminé est le
programme "AdSense For Domains" de Google. Il s'agit d'un service de
type "Domain Parking" (un modèle publicitaire qui utilise la même
mécanique que le "PPC") . Le principe du "Domain Parking"
est le suivant : Si vous êtes propriétaire d'un nom de domaine très
populaire, mais que vous ne l'utilisez pas, vous pouvez le prêter (contre
rémunération) à Google. Pour ce faire, il suffit de souscrire au service
"AdSense For Domains" de Google. Ensuite, à chaque fois qu'un
internaute tape l'URL de votre nom de domaine, il sera redirigé chez Google où
des publicités lui sont affichées. Vous êtes rétribué au nombre de visiteurs.
Autres techniques de fraude En avril 2005, la compagnie "Lurhq.com" a publié une analyse montrant que certains des détournements DNS détectés début en 2005 (attaques en "pharming" décrites dans un autre article du bulletin Cert-IST) avaient pour finalité de réaliser des fraudes "PPC". Le principe de la fraude était le suivant : Un cache DNS légitime est attaqué
et corrompu de façon à détourner toutes les requêtes adressées à des sites
".com" vers une grappe de serveurs sous le contrôle du pirate. Ces
serveurs présentent à l'internaute qui les visite un moteur de recherche web.
Ce moteur de recherche produit des résultats biaisés qui, s'ils sont activés
par l'internaute, l'envoie vers des pages publicitaires, en utilisant des
techniques très proches de celles décrites précédemment pour le SPAM
"PPC". Certaines sociétés distribuant des "adwares" font appel à des "affiliates" pour "promouvoir" leurs produits. Un "affiliate" est alors rétribué en fonction du nombre d'utilisateurs qu'il a réussi à convaincre d'installer un "adware" sur son poste ("l'adware" installé contient en dur un identifiant permettant de savoir quel est "l'affiliate" qui l'a distribué). Ce modèle de rémunération entraîne en fait le même type de fraude que celles induites par le "PPC". En effet, certains "affiliates" peu scrupuleux attaquent des postes d'internautes mal protégés et installent d'office dessus les "adwares". Ils en tirent alors des bénéfices proportionnels au nombre de machines qu'ils ont compromises… Conclusions Tout ces cas de fraudes présentent des caractéristiques communes :
Globalement, le tort causé à la victime est minime (affichage d'une publicité non sollicitée), mais par contre ces fraudes sont clairement une nuisance supplémentaire, qui pollue l'Internet, de la même façon que les SPAM polluent le courrier électronique. Pour plus d'information
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